Jeudi 6 janvier 2011
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Il existe un service de la vie courante permettant d’analyser facilement les comportements étranges des gens, le manque de confiance envers autrui,
l’individualisme, la honte, la peur, le mensonge, la fainéantise…
Je veux bien entendu parler de l’ascenseur.
Pour observer dans de bonnes conditions, il faut un ascenseur plutôt moderne, et mieux encore, placé dans un immeuble abritant des bureaux. On ne pourra rien
observer de notable avec les ascenseurs de vieille génération, ceux « ouvert » qui ferme avec une grille et dont on dit qu’ils sont plein de « charmes » pour faire oublier qu’en fait ce sont des
machines obsolètes, dangereuses, bruyantes qui tombe en panne une fois tous les deux jours.
Pour une observation encore plus pointue, l’appareil devra être muni de trois sortes de boutons essentiels. Un bouton d’appel classique au rez-de-chaussée
(l’ascenseur idéal ne va pas au -1 ou -2), un double bouton aux étages avec un qui « monte » et un qui « descend » et bien sûr, indispensable, un bouton dans la cabine qui permet de fermer les
portes sans attendre la fermeture automatique.
Commençons par le classique, rez-de-chaussée, vous appuyez sur le bouton pour appeler l’ascenseur une petite lumière rouge (ou verte) vous signale que la machine à
bien pris en compte votre demande. Dans le même temps une personne arrive à vos côtés, elle a bien vu la lumière, elle sait que vous avez fait le choix et que vous attendez et pourtant… elle
appuie DE NOUVEAU sur le bouton. POURQUOI ? Elle n’a pas confiance en vous ? Peut-être a-t-elle une capacité particulière qui lui permet d’appuyer mieux que vous. Ou alors c’est dans le système
informatique de l’ascenseur qu’elle n’a pas confiance. En tout cas son comportement n’est pas normal.
Moment croustillant s’il en est, la petite seconde où la lumière s’éteint car la cabine est sur le point de s’ouvrir (on peut même l’entendre parfois), LÀ,
l’appuyeur peut de nouveaux douter, de lui, de la machine, de vous, du monde… il enfonce de nouveaux la touche maudite !
Je passerais rapidement sur l’appuyeur fou qui martèle le bouton à une cadence infernale, son esprit malade pensant sûrement que des appuis frénétiques feront
monter ou descendre plus vite la cabine. Lui donne carrément vie à l’élévateur croyant que, tel un cheval, cravacher un bouton a une incidence sur la vitesse.
Une fois dans la cabine, passons à ma préférée, la touche qui permet de fermer les portes plus vite (je ne
sais pas si elle pourrait satisfaire notre appuyeur fou, cité au dessus, dans son délire de contrôler la machine). Il est très parlant. Pour commencer POURQUOI avoir donné cette possibilité
au « voyageur » ? Quel est l’intérêt de pouvoir clore plus vite les portes ? À la limite si vous cherchez à échapper à des zombies, fondant sur vous, ça peut devenir utile mais bon sinon je ne
vois pas.
Plantons le décor, quelqu’un 5 mètres devant vous monte dans la cabine qui, heureux hasard, vient de déposer une cargaison de gens (tant pis pour nos amateurs de
petite lumière rouge), la personne entre dans la cabine, elle vous a vu, vous le savez car en prenant son virage vos regards se sont presque croisés, et là, tel une mitrailleuse, elle martèle la
touche vous fermant littéralement la porte au nez restant seule dans une cabine pouvant contenir huit individus. Encore une fois… POURQUOI ? Une surdose de l’émission « Faites entrer l’accusé»
parlant du tueur à l’ascenseur ? Elle veut changer de fringues et passer d’homme à femme ou inversement en toute discrétion ? Vous êtes recouvert de sang humain et vous ne vous en êtes pas rendu
compte ? Je ne vois que cela pour justifier une attitude aussi étrange.
Parlons en une ligne de l’individu qui fera sonner l’alarme de surcharge et qui devra, le rouge au front, quitter la cabine sous le regard moqueur des gens… la
honte.
De même passons sur celui qui monte au 1er (et qui a pourtant l’air en pleine forme physique) et qui va se caler tttooouuuutttt au fond du petit espace d’une cabine
blindée, forçant à une espèce de Tetris humain tous ses compagnons de voyages pour qu'il sorte. Une minute à sortir pour dix secondes de montée, on applaudit le ratio.
Pour finir, parlons de la bêtise,
et là c’est un risque que je prends, car vous allez peut-être vous sentir insulté si vous le faites. Aux étages intermédiaires, il existe un double bouton comme celui sur la photo. POURQUOI
appuyer sur les DEUX ? HEIN ?
Alors ok, il n’y a pas de mode d’emploi mais bon, quand ça fait des mois et des mois qu’on le prend on
comprend, bouton bas, je veux descendre, bouton haut je veux monter. En plus c’est contre productif et j’ai même vu des gens qui au final montaient alors qu’il voulait descendre à la base et
c’est normal, c’est parce qu’ils avaient « embrouillé » l’ascenseur (je sais très bien que c’est une machine). De plus et je finirais là dessus, j’imagine que c’est prévu pour une distribution
plus harmonieuse et plus fluide des cabines dans les étages, alors si vous glandez parce que l’ascenseur met des plombes à venir où qu’il part dans le mauvais sens c’est normal, c’est sûrement
que des gens complètement accros aux boutons et aux petites lumières rouges sont dans votre immeuble.